Journée de prérentrée de l’enseignement catholique de l’Ardèche

jeudi 31 août 2017

Accueillis d'abord par Patrice Jouve, le Directeur Diocésain de l'Enseignement Catholique a souligné les efforts fournis dans les établissements pour mieux accueillir les élèves. Pour continuer sur l'approfondissement du projet d'établissement diocésain, le thème retenu pour la journée est « Fondements et enjeux d'une société inclusive : une toile de fond pour penser une école pour tous. La communauté a besoin de savoir-faire quotidien à l'inclusion scolaire des élèves et à l'éducation à la fraternité, afin que chaque membre soit pleinement reconnu.

Mgr Jean-Louis Balsa accueille la communauté éducative et les directeurs en leur rappelant que l'école catholique est l'Eglise elle-même, une communauté particulière qui va permettre aux jeunes de vivre en lien avec l'Eglise et en faire l'expérience. « Merci d'en faire des chrétiens solides qui changent la société. Je vous en remercie au nom du Christ et vous, les chefs d'établissement, vous êtes la présence personnelle du Christ et de l'Evêque dans votre mission. »

Voici quelques temps forts de l'intervention de Charles GARDOU, professeur des universités, anthropologie de l'éducation, anthropologie culturelle, des situations de handicap, responsable scientifique du master 2 Situations de handicap et éducation inclusive.

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« Chacun doit trouver un chez soi au sein de l'école. L'école est patrimoniale, c'est un droit de tous. Un enfant doit pouvoir grandir à sa mesure avec une accessibilité pédagogique qui oeuvre au mieux être de tous. On doit refuser la passive mise à l'écart de certains et la vision de l'école comme un lieu réservé, aseptisé.

Nous avons un devoir d'humanisation et le devoir de dépasser l'handiphobie. Les humains ont tous des visages différents et il est urgent de repenser une cité pour tous.

Les obstacles sont incessants pour 1 personne sur 7 sur cette planète. Et en comptant les familles, fratrie ou compagnon, cette confrontation au handicap touche un tiers de la population. Il est intolérable de jauger une personne pour savoir « si elle vaut le coup de vivre ». Les gouvernants n'ont rien appris selon Hegel , rien retenu de l'histoire et jaugent les vies à partir de la rentabilité.

Notre ilot de commodité côtoie un océan d'empêchements. Mais il n'y a aucun homme avec zéro défaut.

L'éducation Nationale assujettit à des normes souveraines, des exigences normatives qui pourtant s'appliquent à une infinité de singularité, dont le handicap. Nous sommes tous faits de particularités.

La normalité est une croyance : Où mettre les inclassables ?

Il faut donc veiller à utiliser l'adjectif inclusif et non le nom inclusion. Une inclusion est un enfermement et n'est pas le contraire d'une exclusion. L'inclusion est un mot à risque.

LE SENS GOUVERNE LE CHOIX DES MOTS.

Une inclusion est la présence d'un corps gênant ou hétérogène dans un ensemble homogène.

Il faut se dissoudre parmi les autres, abandonner les frontières, aussi celles des mots. Au-delà d'autoriser chacun à vivre, il faut permettre à chacun d'exister

L'édifice est à construire ensemble sur 5 piliers :

Un pilier porteur du patrimoine commun, social et humain et non un cercle d'affiliés

Un pilier qui doit remettre en cause la hiérarchie des êtres, forcer un NOUS

Un pilier du vivre et exister, c'est-à-dire avoir des projets

Un pilier qui remet en cause les normes et la conformité.

Un pilier qui refonde la justice sociale. L'équité doit palier les inégalités.

La journée s'est poursuivie par un temps de questions réponses, puis une célébration eucharistique avec l'envoi en mission des nouveaux chefs d'établissement. L'après midi a permis de réfléchir en carrefour.



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